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Energie fatale

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L’énergie fatale désigne la quantité d’énergie perdue, car non récupérée ou valorisée, lors d’un processus de production d’énergie dont elle n’est pas l’objet premier.

La production d’énergie par l’homme est en réalité un processus de transformation d’une énergie pour la rendre utilisable qui entraine des dissipations d’énergie selon les lois fondamentales de la physique. Le rendement de toute transformation d’énergie ne peut atteindre 100% et une part de l’énergie produite est ainsi inutilisée car piégée dans des matériaux ou perdue dans des flux incontrôlés.

L’énergie fatale correspond à cette part d’énergie perdue lors de la transformation, inutilisable en l’état mais pouvant être récupérée et valorisée dans d’autres processus.

L’énergie fatale est également utilisée pour désigner dans la production d’énergie éolienne ou solaire, l’énergie perdue car inutilisée, faute de demande ou de stockage, au moment où elle est disponible.

Energie fatale de la matière 

L’incinération ou la méthanisation permet de récupérer une partie de l’énergie fatale des déchets industriels ou ménagers par la récupération de chaleur ou la production de méthane, d’hydrogène et d’électricité.

La méthanisation des déchets organiques permet de son côté la production en quantité importante de méthane utilisé sous sa forme première ou pouvant être retraité en biogaz et réinjecté sur le réseau de gaz aux tarifs réglementés.

Energie fatale des processus

Les énergies fatales sont de diverses natures (chaleur, froid, gaz, électricité) résultants de divers processus à usage industriel ou particulier : fours, aération/réfrigération, compresseurs, fumées, incinération, biogaz, réacteurs, ventilation, eaux usées…

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Centrale cogénération

L’énergie fatale issue de ces processus peut aussi faire l’objet de récupération. Des systèmes de cogénération (ou trigénération) permettent ainsi également de récupérer l’énergie fatale et d’améliorer la production de chaleur ou d’électricité pour atteindre un rendement énergétique global pouvant atteindre 85% (contre 35% contre une installation classique). La chaleur produite sert à alimenter l’industrie locale ou le réseau de chauffage urbain et l’électricité produite peut être revendue aux tarifs réglementés.

Récupérateurs de chaleur, chaudières à condensation, échangeurs thermiques… les outils technologiques ne cessent de se développer pour récupérer les calories perdues et limiter le gaspillage de l’énergie fatale.

Le secteur des transports (fluviaux, navals et ferroviaires) est également concerné et des recherches sont menées pour trouver des solutions de récupération de la chaleur perdue issue des gaz d’échappement de motorisations.

Focus sur la chaleur fatale

La chaleur fatale désigne la production de chaleur générée par un processus dont l’objectif n’est pas la production de cette énergie et qui de fait n’est pas récupérée.

Les usines d’incinération dont l’objectif premier n’est pas la chaleur produite mais le traitement des déchets sont un exemple type de production de chaleur fatale.

Les industries de la chimie, du ciment, de l’automobile, de la sidérurgie, de l’agroalimentaire ou du verre produisent également une grande quantité de chaleur qui n’est pas utilisée.

Directive européenne

Afin d’endiguer ce gaspillage et dans le cadre du plan SET, la commission européenne a publié une directive (réf.2012/27/UE) relative à l’efficacité énergétique qui rend désormais obligatoire une analyse coûts-avantages pour la valorisation de la chaleur fatale à travers un projet de réseau de chaleur.

En France, on estime que près d’un tiers de la consommation énergétique industrielle française (140 TWh) ressort sous forme d’énergie fatale chaque année (Source EDF).